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Tout savoir sur le recyclage des mégots

Quelle est la meilleure filière de valorisation pour traiter vos mégots ?

et pourquoi le traitement des mégots est devenu un enjeu majeur pour les entreprises

Malgré des cendriers installés partout, les mégots continuent d’être jetés par terre.. Et lorsqu’on cherche à les “recycler”, un autre problème surgit : le terme “recyclage” est utilisé par tout le monde, parfois à travers. 
Pourquoi certains acteurs utilisent-ils le mot recyclage pour des procédés qui n’en sont pas réellement ?

Pourquoi mélange-t-on encore “valorisation énergétique”, “recyclage”, “traitement”, “filière” ou “CSE” comme s’il s’agissait de synonymes ?
Et surtout : quelle est réellement la meilleure façon de traiter un mégot aujourd’hui ?

Entre les argumentaires marketing, les raccourcis sémantiques, les promesses d’économie circulaire et les discours sur l’énergie valorisée… difficile de savoir ce qui est techniquement exact, environnementalement pertinent et réellement aligné avec une stratégie RSE sérieuse.

Dans cet article vous découvrirez :
- Comment s’y retrouver derrière toutes les “filières de recyclage”, ce qui en est et ce qui ne l’est pas ;
- S’il vaut mieux brûler ou laver un mégot pour le dépolluer ;
- Le comparatif entre les différentes filières de traitement : Recyclage pour en faire de nouveaux matériaux plastiques ; recyclage pour en faire de l’isolant ; valorisation énergétique (incinération à très haute température) ;

Ce n’est pas un article pour défendre l’une ou l’autre de ces filières mais plutôt pour vous aider à faire le choix d'un exutoire adapté à votre besoin, votre budget et la manière dont vous voulez embarquer vos équipes.

pollution et recyclage des megots

Avant même de parler d’exutoire — recyclage matière, recyclage pour isolant, valorisation énergétique — il faut comprendre pourquoi les mégots sont devenus un sujet incontournable dans les entreprises. Ce n’est ni un effet de mode RSE, ni une obsession environnementale : c’est un problème réel, visible, coûteux et mesurable.

Un déchet minuscule… mais l’un des plus polluants et persistants

Le mégot est un microplastique déguisé en coton. Son filtre, composé de fibres de cellulose acétate, met plusieurs années à se dégrader et relâche en chemin des milliers de composés chimiques (nicotine, métaux lourds, hydrocarbures).
Sur un site professionnel, ces particules finissent :
- dans les sols,
- dans les eaux de ruissellement,
- parfois dans les réseaux techniques.

Un mégot au sol n’est donc pas juste “un problème de propreté” : c’est un déchet polluant diffus, difficile à contenir et impossible à ramasser parfaitement une fois qu’il s’éparpille.

Un impact immédiat sur l’image et la crédibilité du site

Il suffit de quelques mégots au sol devant l’entrée principale pour dégrader la première impression qu’ont les visiteurs qui viennent sur votre site.
Les espaces fumeurs sont logiquement situés aux endroits où l’affluence est la plus importante, ce qui renforce le côté stratégique du maintien de la propreté de ces endroits. 
Dans les enquêtes internes QVT, c’est même l’une des sources de mécontentement les plus répétées : “les mégots devant l’entrée”, “les zones fumeurs sales”, “les cendriers qui débordent”.

Un coût opérationnel caché, mais bien réel

Les équipes de propreté passent du temps — parfois beaucoup de temps — à ramasser des mégots éparpillés.

Pour l’entreprise, cela représente davantage de micro-nettoyages et de passages pour une prestation de nettoyage dont le coût augmente pour une efficacité moindre.
À l’échelle d’un site multi-bâtiments, ces pertes de temps finissent par coûter plus cher que la mise en place d’une véritable filière de traitement.

Un sujet désormais lié à la RSE, à la conformité et au reporting

Le mégot est un objet paradoxal : insignifiant à l’unité, mais très utile dans le cadre des reportings environnementaux.
Pourquoi ?
Parce qu’il est visible et quantifiable, directement corrélé à un geste concret des collaborateurs et surtout ultra symbolique de la maturité des équipes sur le tri des déchets. 
Dans le cadre d’ISO 14001, du reporting extra-financier ou des bilans carbone internes, la gestion des mégots coche plusieurs cases clés : maîtrise des aspects environnementaux, déchets diffus, propreté des abords, réduction des impacts.

La hiérarchie des déchets : pourquoi le recyclage et la valorisation ne jouent pas le même rôle

Pour bien comprendre la place du recyclage et de la valorisation énergétique, il faut revenir à un principe fondateur de toute politique environnementale : la hiérarchie de gestion des déchets, aussi appelée pyramide de la réduction (notamment reprise par l’EU dans la Directive 2008/98/CE). Cette pyramide classe les modes de traitement du plus vertueux au moins vertueux, non pas pour juger, mais pour guider les décisions selon leur impact réel.

Prévention (éviter le déchet)

C’est le niveau le plus élevé. Dans le cas du mégot, cela signifie une chose simple : empêcher qu’il tombe au sol et qu’il pollue des eaux pluviales. Cela passe par un bon aménagement des zones fumeurs, un design efficace, un entretien régulier… et, dans certains cas, une démarche comportementale (signalétique, gratification, engagement collectif).

Réemploi / réutilisation

Il n’existe pas de véritable réemploi du mégot en tant que tel, mais ce niveau rappelle une idée essentielle : tout ce qui allonge la durée d’usage ou évite de générer des déchets est prioritaire.

Recyclage matière

Le recyclage, c'est transformer le mégot en une nouvelle matière première. C’est ici que se situent les filières de recyclage en plastique recyclé ou en isolant. On parle de recyclage car la matière est récupérée, purifiée, reformée, puis réinjectée dans l’économie.

Valorisation énergétique

Utiliser le mégot comme combustible dans une installation d’incinération performante. Ce n’est pas du recyclage au sens strict (puisqu’on ne crée pas de matière), mais c’est une forme de traitement reconnue et utile pour certains types de déchets.


Cette pyramide rappelle une chose simple : toutes les solutions ne répondent pas au même objectif, et ce n’est pas grave — à condition de savoir où l’on se situe.
Le recyclage matière est cohérent lorsque l’entreprise recherche une logique d’économie circulaire, de transformation et de reporting matière.
La valorisation énergétique est cohérente lorsqu’on privilégie la stabilité, l'efficience énergétique ou qu’une filière matière n’est pas disponible.
L’enjeu pour l’entreprise n’est donc pas de choisir “la meilleure” solution de manière absolue, mais d’identifier la solution la plus cohérente selon ses priorités : impact environnemental, budget, contraintes logistiques et niveau d’engagement des équipes.

Les trois grandes familles d’exutoires : ce qui est du recyclage, ce qui ne l’est pas, et pourquoi

Avant d’entrer dans les détails techniques, il est essentiel d’établir une base solide : toutes les solutions de traitement des mégots ne répondent pas au même objectif. Elles partent du même constat — éviter que les mégots polluent les sols et les eaux — mais poursuivent ensuite des logiques très différentes.
Aujourd’hui, on distingue trois grandes familles d’exutoires :

1. Le recyclage matière, qui transforme le mégot en un nouveau matériau plastique.

2. Le recyclage orienté isolant, qui utilise la cellulose acétate pour produire des panneaux isolants.

3. La valorisation énergétique, qui utilise le mégot comme combustible dans des installations adaptées.

Ces trois approches sont légitimes. Elles peuvent toutes être pertinentes — selon le site, les volumes, la politique RSE, la géographie ou le budget. Mais elles ne sont ni équivalentes, ni interchangeables et surtout elles ne peuvent pas toutes être appelées “recyclage” au sens strict du terme.

Le recyclage matière : la filière qui transforme le mégot en nouvelle matière

C’est la filière la plus intuitive : celle qui correspond à l’idée que l’on se fait du “recyclage” en économie circulaire.

Ce que cette filière de recyclage produit
Le recyclage matière transforme le filtre du mégot — la cellulose acétate — en une matière première recyclée utilisée pour fabriquer des granulés plastiques recyclés qui vont permettre de faire : 
- des petites pièces techniques qui ne seront pas en contact avec des aliments,
- des accessoires ou des composants de mobilier, notamment des composteurs.

Autrement dit : on récupère un déchet plastique pour en faire… un nouveau matériau plastique.

Pourquoi c’est considéré comme du recyclage “au sens strict”
Parce que la matière initiale est récupérée, dépolluée, transformée puis réinjectée dans un cycle de production. C’est exactement la définition retenue par la Directive européenne 2008/98/CE, les textes sur l’économie circulaire et l’ADEME.

Le point clé : la dépollution
Ce recyclage exige toujours de séparer les différents composants du mégot, soit des matières organiques (reste de tabac), des matières plastiques polluées (le filtre acétate de cellulose). Le filtre est ensuite lavé avec de l’eau de pluie pour dissocier les polluants du reste. L’eau usée par en traitement pour être réutilisée en circuit fermé dans la dépollution des mégots. 
Par exemple pour le recycleur MéGO!, seulement 4m3 d’eau est utilisé à l’année pour recycler des millions de mégots.

Le recyclage orienté isolant : une autre forme de valorisation matière

À côté de la plasturgie, une autre voie existe : la transformation de la cellulose en panneaux isolants. Là aussi, le mégot est collecté, trié et dépollué.
Mais au lieu d’être injecté dans un process plastique, le filtre purifié est compacté ou aggloméré pour produire un matériau isolant.

Cette filière repose sur les propriétés physiques naturelles du filtre : légèreté, faible conductivité thermique, capacité d’absorption. Elle crée un débouché cohérent, notamment dans les secteurs cherchant des solutions isolantes innovantes ou des matériaux composites légers.

Cette approche reste moins répandue que la plasturgie, mais elle suit la même logique : la matière est réutilisée, non détruite.
C’est donc bien du recyclage.

La valorisation énergétique : une solution utile, mais différente du recyclage

La troisième filière souvent présentée comme du “recyclage” consiste en réalité à utiliser les mégots comme combustible dans des installations adaptées — parfois sous forme de déchets combustibles préparés, parfois intégrés à un flux plus large. Le principe est simple : les mégots sont brûlés à très haute température et servent à produire de la chaleur ou de l’électricité. 

On appelle ces filières CSE (Combustible Solide de Substitution) ou CSR (Combustible Solide de Récupération) car elles préparent les mégots avec d’autres déchets combustibles pour servir de carburant dans des installations industrielles. L’incinération reste le procédé final de ces filières. 
Dans ce cas, c’est la combustion à très haute température qui va permettre une dépollution efficace et une élimination totale de tous les composants polluants et toxiques.

Ce traitement a un vrai rôle dans la gestion des déchets : il assure une élimination contrôlée, contribue à la production énergétique, et constitue un exutoire stable lorsqu’aucune filière matière n’est disponible localement. C’est une solution pertinente pour certains sites ou pour des volumes réduits. Cela permet également d’économiser des énergies fossiles comme le gaz pour des industries ayant besoin de fours à très haute température comme les cimenteries.

L’autre avantage de cette filière c’est qu’elle est à un stade de maturité avancé, ce qui se traduit par une efficacité énergétique et un bon rendement. Autrement dit, si l’on regarde les analyses de cycles de vie, l’incinération (CSE, CSR, etc) a une empreinte carbone moins importante que certaines filières de recyclage moins matures, car plus récentes, et donc forcément moins efficientes et efficaces.

Mais ce n’est pas du recyclage. La matière n’est pas récupérée : elle est détruite. Le résultat final est de l’énergie, et non un matériau réintroduit dans l’économie. C’est pourquoi la réglementation classe ce procédé dans la valorisation énergétique, et non dans l’économie circulaire.

Pour une entreprise, l’enjeu n’est donc pas de juger cette filière — elle peut être très adaptée à certains contextes — mais de bien comprendre qu’elle répond à un objectif différent : valoriser un déchet plutôt que transformer sa matière.

Pour dépolluer un mégot est-ce qu’il vaut mieux brûler ou laver un mégot ?

Les deux fonctionnent et sont des procédés efficaces ! mais dans le premier car on utilise la combustion comme de l’énergie pour l’industrie, tandis que pour le recyclage le mégot peut être recyclé en un nouveau matériau et une nouvelle vie.

Comment choisir la bonne filière : recyclage matière, recyclage isolant ou valorisation ?

Une fois les trois filières clarifiées, la question à laquelle font face la majorité des entreprises est simple : laquelle choisir ?

Et comme souvent en gestion des déchets, la bonne réponse n’est pas universelle. Ce n’est ni “le recyclage matière pour tout le monde”, ni “l’incinération dans tous les cas”. Tout dépend du contexte de votre site, de vos volumes, de votre budget, de votre maturité RSE, et de la logistique dont vous disposez.

Vous avez une ambition d’économie circulaire claire → privilégiez le recyclage matière

Pour une entreprise qui cherche explicitement à intégrer une démarche circulaire, produire un reporting environnemental crédible, montrer que la matière est réellement réutilisée, valoriser ses actions RSE auprès des équipes et des parties prenantes, le recyclage matière est généralement l’option la plus cohérente.

C’est la seule filière qui garantit qu’un mégot devienne une nouvelle ressource et non seulement un combustible.

Elle a aussi l’avantage d’être visuelle : montrer concrètement un composteur ou une pièce produite avec du plastique issu de mégots rend l’action tangible pour les collaborateurs.

Cette filière est particulièrement adaptée aux organisations labellisées ISO 14001 ou engagées dans des démarches de reporting extra-financier.

Vos volumes sont faibles ou irréguliers → Quelle est la meilleure solution ?

Contrairement à ce que l’on entend parfois, le choix entre recyclage matière et valorisation énergétique n’est pas une question de volume produit par un site. Ce n’est pas parce qu’un site génère peu de mégots qu’il doit se tourner vers l’incinération.
Les recycleurs matière peuvent traiter des volumes très faibles comme des volumes massifs — ce n’est pas le volume en lui-même qui pose un problème.
Ce qui change tout, en revanche, ce sont la logistique disponible et la capacité à massifier la collecte.

La filière matière repose sur un principe simple : les mégots doivent être regroupés, stockés à sec, collectés régulièrement, puis transportés vers une unité de dépollution. Si cette chaîne logistique existe — soit parce que l’entreprise passe par un prestataire spécialisé, soit parce qu’elle mutualise les volumes avec d’autres sites — alors le recyclage matière reste parfaitement viable, même pour des sites produisant très peu.
Là où la valorisation énergétique devient pertinente, c’est lorsque la massification locale n’est pas possible.

Cela peut arriver dans trois types de situations :
- Les sites sont trop éloignés d’une filière matière, rendant le transport disproportionné par rapport à l’impact visé.
- Aucun prestataire local n’assure la collecte matière, ce qui oblige l’entreprise à auto-organiser une logistique trop lourde.
- La géographie du territoire (zones rurales isolées, régions sans filière recyclage implantée) rend l’accès au recyclage plus complexe.

Dans ces cas-là, la filière énergétique offre un exutoire stable, cohérent et proportionné, car elle utilise des flux logistiques déjà existants : flux d’ordures ménagères résiduelles, flux de déchets combustibles collectés en mélange, ou filières industrielles locales utilisant des combustibles de substitution.
En d’autres termes, la filière la plus vertueuse est celle qui est réaliste dans votre géographie et l’optimisation logistique de votre prestataire.
Le recyclage matière n’est pas “réservé aux gros sites”, pas plus que la valorisation n’est “réservée aux petits”.
C’est une question d’infrastructures locales, pas de volume.

Vous voulez embarquer vos équipes → évitez les filières invisibles

Le recyclage matière possède un avantage souvent sous-estimé : le pouvoir pédagogique.
Les collaborateurs comprennent mieux un process lorsqu’ils peuvent visualiser :
ce qu’est devenu “leur” mégot, à quoi ressemble la matière recyclée et quel produit final en est issu.

La valorisation énergétique, bien qu’efficace, reste une filière abstraite, difficile à symboliser. Elle fonctionne très bien sur un plan strictement opérationnel, mais elle embarque moins les équipes dans une dynamique vertueuse.
Pour les organisations qui cherchent à travailler sur les comportements — notamment la réduction des mégots au sol — la filière matière est souvent plus mobilisatrice.

Vous avez besoin d’un reporting fin : attention aux mots et aux preuves

C’est l’un des points les plus sensibles. Dans une politique RSE sérieuse, un tableau de bord doit distinguer strictement : le recyclage matière, la valorisation énergétique et l’élimination.
Les termes doivent être exacts. Une incinération, même très performante, ne peut pas être comptée comme recyclage.

Les certifications ISO, les audits externes, les bilans carbone ou les reportings SFDR demandent une traçabilité précise :
- où vont les mégots ?
- quelle matière est récupérée ?
- quel pourcentage est réellement transformé ?
Choisir une filière implique donc d’être capable de documenter les flux, pas seulement de les déléguer.

En résumé : la meilleure filière n’est pas universelle, mais contextuelle

Vous voulez de l’économie circulaire, du sens, de la pédagogie → recyclage matière.
Vous voulez une solution simple, stable, pour de petits volumes → valorisation énergétique.
Vous voulez une alternative matière avec des débouchés techniques innovants → recyclage isolant.
L’important n’est pas de choisir “la meilleure” filière, mais celle qui est cohérente avec votre site, vos objectifs RSE et vos moyens logistiques.

Le vrai enjeu n’est pas la filière… mais la capacité à capter le mégot avant qu’il ne touche le sol

Depuis le début de cet article, nous avons parlé filières, traitement, dépollution et économie circulaire. Mais il existe une réalité que tout professionnel du terrain connaît : à quoi sert de comparer les filières si les mégots n’y arrivent même pas ?

C’est le grand impensé du secteur. D’un côté, on débat de recyclage, d’incinération, de CSE, de matière et d’énergie. De l’autre, on oublie une donnée brute : selon l’ADEME, un mégot sur deux finit par terre, même lorsqu’un cendrier est installé à proximité.

Autrement dit, le premier facteur de performance environnementale n’est pas la filière, mais la capture. Une filière parfaite ne compensera jamais une zone fumeur qui fonctionne mal.

La performance environnementale dépend d’abord du terrain

On peut avoir la meilleure technologie de dépollution du pays : si 40 %, 50 % ou 60 % des mégots tombent au sol, la pollution demeure, l’image du site est dégradée et le nettoyage coûte toujours plus cher.
L’inverse est tout aussi vrai : une filière très simple devient extrêmement vertueuse dès lors que 90 % ou 95 % des mégots sont captés.

Pourquoi les mégots finissent réellement au sol

Si les mégots se retrouvent au sol, ce n’est pas par incivilité généralisée. C’est une accumulation de micro-détails liés au design, à l’usage et à la psychologie.
Souvent, le cendrier est là… mais il n’est pas utilisé parce qu’il est mal placé, peu visible, trop haut, trop loin, ou tout simplement plein. Un cendrier mal pensé décourage automatiquement le geste. Un cendrier sale en décourage deux fois plus.
S’ajoute un dernier point : l’absence de sens. Pour de nombreux collaborateurs, jeter un mégot dans un cendrier ne “sert à rien” — ils n’en voient ni le bénéfice, ni le résultat. Et un geste qui ne fait pas sens est un geste fragile.

Le trio qui change tout : implantation, design, comportement

Une filière performante repose sur trois piliers concrets, souvent plus importants que l’exutoire lui-même.

D’abord, l’implantation : un cendrier doit être placé exactement là où les gens fument réellement. Pas deux mètres plus loin, pas derrière un angle mort, pas sous le vent. C’est une question d’ergonomie plus que de technique.

Ensuite, le design : un bon cendrier doit inviter le geste. Une ouverture intuitive, une bonne visibilité, un remplissage lent, un vidage facile… Ce sont ces éléments qui évitent que le mégot finisse au sol.

Enfin, le comportement : un geste devient durable lorsqu’il a du sens. Montrer la matière recyclée, afficher les volumes collectés, valoriser les progrès et, dans certains cas, introduire une mécanique positive comme le “1 mégot = 1 centime solidaire”, change profondément l’engagement des équipes.
Quand ces trois leviers sont activés, on est en mesure de récupérer un pourcentage plus important de ces mégots.

Pourquoi discuter des filières sans parler du terrain est un faux débat

Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises passent des heures à comparer recyclage matière, recyclage isolant et valorisation énergétique. Pourtant, la vraie question devrait être bien plus simple :
Combien de mégots votre site capture-t-il réellement ?
Car aucune filière, même la plus performante, ne rattrapera les mégots laissés devant l’entrée du bâtiment. Un site propre, bien équipé et bien pensé a plus d’impact qu’une filière ultra-vertueuse mais sous-alimentée.

Ce que cela change pour le choix de la filière

Lorsque l’on regarde le sujet sous cet angle, tout devient plus clair.
Le choix de la filière — matière, isolant ou énergie — doit intervenir après avoir sécurisé la capture, et non avant. Car une filière n’est jamais “la meilleure en absolu” : elle est cohérente ou non avec une organisation, un territoire, une logistique et une maturité interne.

Le raisonnement devient alors plus simple :
- si vous captez bien vos mégots, vous pouvez vous orienter vers du recyclage matière ou isolant ;
- si la massification locale est impossible, la valorisation énergétique peut être la solution la plus logique ;
- si votre priorité est d’embarquer vos équipes, les filières matière offrent un impact visuel et pédagogique plus fort.

La bonne filière est celle qui est réaliste et cohérente avec votre terrain.

Le rôle d’un partenaire : rendre la filière réellement performante

Le rôle d’un prestataire n’est donc pas seulement d’envoyer vos mégots “quelque part”.
C’est d’abord d’assurer que les mégots y arrivent.
Ce travail ne se fait pas dans l’usine de recyclage. Il se fait sur votre trottoir, sous l'abri fumeur, votre entrée principale, vos routines de nettoyage, votre signalétique et les comportements de vos équipes.

Un partenaire utile est celui qui :
- conçoit des espaces fumeurs intuitifs,
- propose une collecte des mégots fiable,
- choisit la filière de recyclage ou de valorisation énergétique adaptée à votre géographie,
- Et surtout embarque la totalité des équipes et des usagers dans le tri

Conclusion

À ce stade, une chose apparaît très clairement : le débat “quelle filière est la meilleure ?” est souvent mal posé. Le vrai enjeu n’est pas de choisir entre matière, isolant ou valorisation, mais de faire en sorte que les mégots atteignent effectivement la filière choisie. Une filière performante ne compensera jamais une zone fumeur mal pensée, un cendrier mal placé ou un geste sans signification pour les usagers.

Ensuite seulement vient le choix de la filière. Il n’existe pas de solution universelle, uniquement des solutions cohérentes avec :
- votre logistique,
- votre territoire,
- votre ambition RSE,
- votre volonté d’impliquer ou non vos équipes.

Le recyclage matière apporte du sens et de la circularité. Le recyclage orienté isolant ouvre des débouchés techniques intéressants. La valorisation énergétique reste stable, mature et pertinente lorsqu’il n’y a pas de possibilité de massification.
Dans tous les cas, la performance environnementale dépend d’abord de la capture, puis du choix d’un exutoire sérieux, traçable et adapté. Un partenaire utile ne vend pas qu’une filière : il conçoit un ensemble cohérent qui permet à vos mégots d’être réellement collectés, réellement dépollués, et réellement valorisés.

Les questions fréquentes

Non. Elle dépollue efficacement mais détruit la matière. C’est de l’énergie récupérée, pas de l’économie circulaire. La frontière est floue pour le public et “recyclage” sonne mieux, mais techniquement, c’est incorrect.

Posez-vous les bonnes questions !

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